09.03.2008

Le féminisme

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01.03.2008

325 000 francs : le réalisme de l'oeuvre

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Une narration naturaliste

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L'espace dans l'Assommoir

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L'Assommoir : la construction du récit

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Du merveilleux à l'heroic fantasy : différents registres

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La Vénus d'Ille : vers une interprétation fantastique

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Synthèse de la quatrième journée

Objectifs de la séance : révision de la notion de dénouement + définition du fantastique comme hésitation entre explication rationnelle et l’explication irrationnelle (T. Todorov, Introduction à la littérature fantastique).

• Dernière journée de l’œuvre (qui ne dure en fait que quelques heures) :

→ journée qui tourne autour de la mort inexplicable de M. Alphonse.

enquête du narrateur pour trouver une explication rationnelle.

I Un meurtre inexplicable

1°/ La mort d’Alphonse

Les conditions de sa mort sont étranges.

" La jeune mariée, présente dans la chambre, est hors d’elle-même, comme si elle avait perdu la raison. Cet état permet de confirmer le jugement du procureur du roi.

2°/ Une énigme policière

→ Le narrateur mène l’enquête. Il suppose qu’Alphonse a été étreint dans un cercle de fer. Mais ce n’est qu’une hypothèse : il ne trouve pas d’explication rationnelle satisfaisante.  

" Melle de Puygarrig est témoin du meurtre de son mari. Elle accuse la statue du meurtre de son mari. Mais cette hypothèse n’est pas vraisemblable car il est impossible qu’une statue s’anime. Une telle explication est irrecevable parce qu’irrationnelle. Son témoignage est rapporté par le procureur du Roi, qui ne la croit absolument pas.

" Le muletier aragonais est le principal suspect : il avait un mobile (Alphonse l’avait humilié lors de la partie de jeu de paume et le muletier l’avait menacé) mais il a aussi un alibi (il a passé la nuit à soigner une de ses mules). Finalement, il est innocenté.

II Un dénouement fantastique

1°/ Le surnaturel : une réponse aux questions laissées en suspens

Seule l’hypothèse surnaturelle permet d’expliquer la mort d’Alphonse, les traces de pas et les bruits dans la nuit ainsi que la présence de la bague dans la chambre.

2°/ Le surnaturel : une réponse aux faits étranges

En admettant le surnaturel, on peut réinterpréter les épisodes antérieurs : la statue serait volontairement tombée sur la jambe de Jean Coll pour se venger du violent coup de pioche qu’il lui avait donné. Elle aurait également rejeté la pierre sur l’apprenti qui lui en avait lui-même jeté une. Elle aurait enfin replié son doigt pour empêcher Alphonse de reprendre sa bague. Si on considère que la statue est douée de sentiments humains, on peut penser que le crime a un mobile. La Vénus aurait alors puni l’époux parjure qui, après lui avoir offert son anneau nuptial, a non seulement voulu lui reprendre mais en plus en a épousé une autre. La jalouse Vénus s’est donc vengée de cet affront.

3°/ Le maintien de l’hésitation

L’animation d’une statue est difficilement acceptable dans un monde réel. Le narrateur se dit troublé. Pourtant, il n’ose pas avouer son trouble au procureur : il ne peut décemment pas se contenter de cette explication saugrenue.  Le témoignage de la veuve pose problème dans la mesure où elle semble effectivement avoir perdu la raison. Elle a des convulsions et pousse des cris inarticulés. On peut donc difficilement la croire et la justice d’ailleurs n’accepte pas ce témoignage. De même, le témoignage du serviteur laisse toutes les possibilités ouvertes car ce dernier ne semble pas très sûr de lui. Il hésite puis avoue n’avoir prêté aucune attention à la bague d’Alphonse.

Conclusion : Finalement, l’hésitation présente dés le début de la nouvelle ne trouve pas de réponse dans le dénouement. Les deux explications restent possibles et le doute demeure

Synthèse des deuxième et troisième journées

Objectifs de la séance : mise en évidence des caractéristiques d’écriture du fantastique = le témoignage du narrateur (importance de la P1 + expression du doute et de l’inquiétude)

→ étude globale des deuxième et troisième journées ( de « Il était grand jour quand je me réveillai » -2e journée- à « Je m’assoupis à la troisième page » -3e journée-)

I Une intrigue sous le signe du double

1°/ Une Vénus ambiguë

→ 2 champs lexicaux jalonnent le portrait de la Vénus : celui de la beauté et celui de la méchanceté.

" Sur la statue, il y a deux inscriptions et chacune peut recevoir deux interprétations.

[ La statue conserve tout son mystère.

2°/ Les deux bagues

→ La bague qu’Alphonse doit donner à Melle Puygarrig est justement à l’image du mariage : elle a été choisie par sa mère de même que l’épouse a été choisie par le père. C’est un mariage arrangé dont la seule motivation est l’argent. Alphonse, contrairement au narrateur, n’accorde aucune valeur symbolique à cette bague : il n’en voit que la valeur marchande. C’est un mariage sans amour, donc malheureux, qui s’annonce.

 L’autre bague, l’anneau tout simple qu’Alphonse porte à son doigt, est associé dans son esprit à de bons souvenirs. C’est un gage d’amour qu’une femme lui a donné deux ans auparavant à Paris. Cette bague s’oppose symboliquement à la première d’abord par sa taille et surtout par sa valeur. En effet, cet anneau n’a aucune valeur marchande mais une grande valeur, sinon sentimentale, au moins affective aux yeux d’Alphonse.

3°/ Les deux rivales

→ Melle de Puygarrig, la future épouse et la Vénus. Le narrateur trouve que Melle de Puygarrig ressemble un peu à la Vénus, ce qui montre que les deux femmes sont liées. Selon lui, c’est la Vénus qui est la plus belle, à cause justement de son air méchant qui force l’admiration.  

[ Bien qu’ayant quelques points communs, les deux femmes sont nettement opposées. Le thème de la dualité, qui jalonne ces deux journées, laisse présager d’une issue malheureuse à ce mariage arrangé.  

II Les transgressions

1°/ Les transgressions du père

→ Dès le début, il associe le mariage à une « bagatelle ». Et c’est M. de Peyrehorade qui choisit de faire la cérémonie un vendredi, jour de Vénus. Le narrateur lui-même s’étonne d’une telle audace. Enfin, au cours du repas de noces, M. de Peyrehorade assure qu’il y a 2 Vénus, ce qui peut provoquer le dépit de la déesse.

2°/ Les transgressions du fils

→ Il apparaît beaucoup plus intéressé par la dot et par le jeu de paume que par sa fiancée, ce qui dénote un grand mépris pour la déesse de la Beauté et de l’Amour, et ce qui choque le narrateur. Il passe sa bague de mariage au doigt de la statue puis il veut la reprendre, ce qui prouve son manque de foi… Mais il est lucide sur sa situation : « Ils m’appelleraient le mari de la statue » et « C’est ma femme, apparemment, puisque je lui ai donné mon anneau »

[ Un certain nombre de provocations et de sacrilèges peuvent expliquer les réactions de Vénus. Ici, le fantastique n’est pas gratuit : il tire sa cohérence (et donc sa force) dans l’économie même du récit et dans l’attitude des personnages.

III La montée du fantastique

1°/ La révélation de M. Alphonse

→ Le marié est vraisemblablement troublé car en enfilant sa bague au doigt de la Vénus, il n’avait pas mesuré l’ampleur de son geste. Le trouble du marié se communique au narrateur. Alphonse prétend avoir vu la statue replier son doigt brusquement. Il est effrayé mais demande au narrateur s’il est possible qu’il y ait une explication rationnelle : a priori, la mécanique pourrait expliquer ce  « mouvement » de la statue.

2°/ La réaction du narrateur

→ Dans un premier temps, le narrateur semble adhérer aux propos d’Alphonse. Il ressent l’inquiétude et la peur du jeune marié. Mais c’est à cause du marié lui-même qu’il se reprend (il a trop bu). Très vite, le caractère rationnel de la situation s’impose aux yeux du narrateur : ses doutes s’effacent.

3°/ L’interprétation surnaturelle

→ Le thème du mariage symbolique a déjà été annoncé par Alphonse lui-même, le matin même de son mariage, au moment où il se rend compte qu’il a oublié son anneau. Il ne veut pas envoyer quelqu’un pour aller le chercher car : « D’ailleurs, que penserait-on de ma distraction ? Ils se moqueraient de moi. Ils m’appelleraient le mari de la statue. »

Conclusion :

L’inquiétude et les doutes montent dans ces deux journées et les faits surnaturels semblent se confirmer. Le narrateur lui-même hésite entre une explication rationnelle et une surnaturelle.

Synthèse de la première journée

Objectif de la séance : mise en évidence de l’une des spécificités du fantastique : l’univers réaliste.

→ étude globale de la « première journée »

I Un univers réaliste

1°/ Le lieu et le moment de l’action

→ évocation de lieux qui existent réellement + ancrage temporel au XIXe : temps de l’histoire ~temps de l’écriture.

2°/ Des descriptions réalistes

→ Evocation du dîner jusque dans ses moindres détails puisque même le menu est mentionné

→ la chambre à coucher : Description extrêmement détaillée puisque est mentionnée jusqu’à la dimension du lit.  

l’extrême précision du narrateur en fait un témoin digne de foi.

II Des personnages réalistes

1°/ Le narrateur

→ Le narrateur est considéré comme un hôte de marque d’abord parce qu’il vient de Paris, d’où leur empressement à bien le servir. M. de Peyrehorade l’admire tout particulièrement parce que c’est un érudit, un historien comme lui-même. Narrateur = témoin objectif. Le fait qu’il soit historien est important parce qu’il n’est pas crédule et il ne se laisse pas influencer par les apparences. Il incarne le côté rationnel de la nouvelle. De fait, le lecteur est porté à lui faire confiance car on sait qu’en tant qu’historien il ne va pas modifier les évènements dont il a été le témoin.

2°/ Les Peyrehorade

→ Le narrateur se moque de leur côté excessif 

3°/ Les personnages secondaires

→ Un clivage se crée, au sujet de la statue, entre les érudits et ce qui ne le sont pas : les personnages secondaires, gens modestes et peu cultivés, attribuent des pouvoirs maléfiques à la statue. Les érudits, quant à eux, ne voient dans Vénus qu’un objet d’art d’une grande beauté.

III Des faits troublants

1°/ La découverte de la statue

→ D’après le guide, la statue tombe parce qu’elle était instable. Il n’a pas eu le temps de la caler avec un tuileau et elle est tombée. Mais il refuse de voir dans cette chute un simple accident : selon lui, la statue serait méchante et elle serait volontairement tombée sur Jean Coll.

2°/ L’épisode de la pierre

→ Pour l’apprenti ; in ne fait aucun doute que la statue lui a renvoyé la pierre. Le narrateur, quant à lui, propose une explication plus rationnelle : « il était évident que la pierre avait rebondi sur le métal ». Cette explication ne semble pas faire l’ombre d’un doute.

3°/ La montée de l’étrange 

→ Les mots qui marquent l’incertitude et le doute sont les plus nombreux dans l’évocation du premier incident. La présence du narrateur permet justement d’apaiser ces doutes et cette inquiétude. En tant que témoin « scientifique » il donne à l’incident une explication rationnelle.