09.05.2008
Molière, Tartuffe
Objectifs de la séance : le portrait au théâtre (réinvestissement des acquis sur le genre) ; les procédés du blâme ; le registre satirique ; étude d’un portrait en 2 temps : critique des faux dévots ; éloge des vrais.
• Orgon a accueilli chez lui Tartuffe, un dévot, qui essaie de diriger la maison. Cléante, beau-frère d’Orgon, essaie de lui ouvrir les yeux sur l’hypocrisie de ce personnage.
→ critique des faux dévots.
Dévot : qui manifeste un zèle extrême pour la religion et les pratiques religieuses.
I L’hypocrisie en action
• Cléante dénonce l’hypocrisie de Tartuffe en matière de religion.
1°/ La place de la religion
• Présence du lexique de la religion car aspect essentiel du personnage de Tartuffe.
= évocation de différents aspects de la religion.
2°/ Mais fausseté de cette pratique
• Lexique de l’apparence ; du mensonge et du faux.
= lexique du mensonge et lexique de la religion employés dans les mêmes expressions ou de manière simultanée. Dénonciation de la fausseté, du mensonge de la pratique religieuse.
• Religion vue principalement comme un moyen de faire fortune et de fréquenter la bonne société. Cf. champ lexical du commerce.
• Décalage entre les paroles et les actes des faux dévots ; entre l’être et le paraître.
a Cléante met l’accent sur l’attitude feinte des faux dévots : leur paraître est en totale opposition avec leur être. Hypocrisie ; duplicité.
II Les dangers de la fausse dévotion
• Objectif de Cléante en tenant ce discours = mettre en garde Orgon.
→ Les faux dévots sont dangereux
1°/ D’habiles trompeurs
• Faux dévots dangereux car trompeurs : difficile de démêler le vrai du faux.
« francs charlatans »; « trompeuse grimace » ; « abuse »; « se joue ».
= Comme ils sont difficiles à démasquer, tout le monde peut tomber dans leur piège.
2°/ Des dévots menaçants
• Dangereux car menaçants < « vindicatifs » ; « D’autant plus dangereux » + confusion intérêt personnel / intérêt de la religion.
→ En proie aux passions humaines condamnables : « fier ressentiment » ; « âpre colère »
→ Puissants : « peuvent perdre quelqu’un ».
Gradation : « peuvent perdre quelqu’un » ; « prennent contre nous des armes qu’on révère » ; « veut nous assassiner d’un fer sacré »
= & puissance. Réel pouvoir sur ceux qui les écoutent → détournent la religion à leur profit personnel.
Conclusion :
Cléante semble donc avoir mis à jour l’hypocrisie de Tartuffe = portrait-charge. Le personnage de Tartuffe n’est qu’un prétexte : à travers ce personnage, c’est tous les faux dévots que Molière attaque.
Mais Cléante dénonce la fausse dévotion = rien à voir avec les vrais dévots.
« Aucune chose au monde est plus noble et plus belle
Que la sainte ferveur d’un véritable zèle »
20:24 Publié dans Séquence 6 : Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lecture analytique, portrait, théâtre, blâme
Mme de La Fayette, la Princesse de Clèves
Objectifs de la séance : le portrait dans le roman (réinvestissement des acquis sur le genre narratif) ; le portrait de l’héroïne de roman → portrait idéalisé = éloge.
De « Il parut alors une beauté à la cour » à « et son visage et sa personne étaient pleins de grâce et de charme ».
• La Princesse de Clèves (1678) par Mme de La Fayette
→ Intrigue qui se déroule à la Cour d’Henri II (qui ressemble étrangement à celle, raffinée, de Louis XIV, contemporaine de l’auteure et de ses lecteurs).
• Œuvre qui a pour thème la passion amoureuse // étude du cœur humain
→ le 1er roman d’analyse de la littérature française.
a Portrait = assurer la conformité du récit à la réalité (l’auteure a consulté des historiens du temps d’Henri II) + étude de la psychologie des êtres.
= Ambition très « réaliste », très novatrice pour l’époque + analytique (également inédite) // volonté de faire une œuvre édifiante, capable d’instruire les dames et les jeunes filles, grandes lectrices de romans au XVIIe (ambition caractéristique de la littérature classique).
C Ambition « réaliste » de Mme de La Fayette n’a rien à voir avec le réalisme balzacien du XIXe !!!
• Portrait qui se situe en tout début de roman
→ portrait de Melle de Chartres, future Princesse de Clèves, qui fait son entrée à la Cour d’Henri II.
a En quoi peut-on dire que le portrait de Melle de Chartres fait par l’auteure est un portrait ambigu, qui oscille entre « réalisme » et idéalisation ?
I Un portrait marqué par la volonté de « faire vrai »
• Grand souci de précision accordé par Mme de La Fayette pour la peinture de ses personnages. → être fidèle à la réalité le plus possible.
1°/ Références à la généalogie familiale
• Dans la société d’Ancien-Régime, importance de l’ascendance noble
→ évoquée dans cet extrait, pour souligner la légitimité de la présence de la jeune fille à la Cour.
Noblesse de l’ascendance < de Chartres. Apparentée au vidame, homme important à la Cour.
Importance renforcée à la même ligne. A la noblesse de la maison de laquelle la jeune fille est issue s’ajoute une autre considération, non-négligeable pour faire la valeur d’un être sous l’Ancien-Régime = considération d’ordre pécuniaire. → Une des plus riches de France : attire nécessairement l’attention (et la convoitise, surtout au moment de son mariage).
a Qualité tellement importante qu’elle est répétée
• Son père est mort → orpheline = position délicate pour une jeune fille à cette époque. Placée sous la conduite de sa mère : Mme de Chartres.
a Enfin on sait son nom : Melle de Chartres.
• Présentation de sa mère → insistance sur ses qualités car conséquences sur la suite de l’histoire. - riche : nouvelle insistance car héritage pour la fille
- Vertu : valeur morale (disposition à faire le bien et à fuir le mal)
- Mérite : valeur qui rend une personne digne d’estime.
a Tout cela = extraordinaire c’est-à-dire absolument hors du commun, unique, singulier.
a Importance de ces valeurs car transmissibles à la fille + insistance sur le caractère hors du commun de ces qualités → font de la jeune fille quelqu’un d’exceptionnel.
• Le caractère exceptionnel de la jeune fille rend la mère extrêmement difficile quant au choix d’un époux.
→ supériorité de la jeune fille pour plusieurs raisons dont la plus importante est la richesse.
a Rappel de la généalogie de Melle de Chartres = faire d’elle un être exceptionnel
2°/ L’éducation maternelle
• Education de Melle de Chartres assurée par sa mère (courant pour les jeunes filles au XVIe) Education effectuée loin de la Cour, loin des perversions et des tentations → éducation physique (beauté = noblesse) ; intellectuelle (esprit=noblesse) + éducation morale (rare chez les jeunes filles de cette époque + goût pour la vertu).
• Education singulière pour l’époque : évocation régulière de la galanterie pour mieux prévenir sa fille.
→ éducation fondée sur la sincérité : Mme de Chartres ne tait pas les plaisirs de la galanterie pour mieux convaincre sa fille de son danger.
Préceptes d’éducation de Mme de Chartres = dimension proleptique → histoire du roman.
= efficacité de l’éducation de Melle de Chartres.
a Arrivée de la jeune fille à la Cour : belle + intelligente + riche = qualités inhérentes à son rang (dont la noblesse est rappelée à plusieurs reprises). Mais qualité plus rare : vertueuse. Généalogie familiale + éducation maternelle donnent à l’héroïne la dimension d’un être vivant.
II Mais un portrait qui tend vers l’idéalisation
• Malgré un souci d’ancrage historique et de grande précision dans la présentation du personnage, la perfection de la jeune fille est exacerbée, tendant ainsi vers l’idéalisation.
1°/ Un portrait qui manque de précision
• Imprécision du lexique visant à rendre compte de sa grâce : qualité physique dans sa globalité ; Æ détail.
Evocation du teint et des cheveux mais blanc et blonds = stéréotypes de la beauté au XVIe. Indices peu éclairants sur le physique de la jeune fille.
Evocation de son visage + personne = encore très général. Description qui se limite à « grâce » et « charme ». Encore une fois, peu précis.
Grâce : charme, agrément, élégance.
Charme : dans la langue galante, traduction de la fascination de l’amour, la puissance de séduction de l’être aimé → attraits d’une femme.
a Portrait de Melle de Chartres très flou ; emploi d’un vocabulaire abstrait pour dire sa beauté. = Préciosité.
Préciosité : mouvement littéraire qui, au XVIIe, se caractérisait par un goût délibéré de l’artifice et un raffinement extrême du style et de la pensée.
→ vision pure et idéale de l’amour. Exclusion de toute forme de trivialité, recherche (parfois excessive) du raffinement.
2°/ Un objet de fascination
• La beauté de la jeune fille suscite une forme de fascination de la part de ceux qui la voient.
= dimension spectaculaire qui attire le regard + reconnaissance universelle.
Evocation du caractère exceptionnel de sa beauté. Surenchère très belle dans un endroit où tous les gens sont beaux. = sublimation, idéalisation.
• Puis mise en évidence de la réaction d’un spectateur en particulier : le vidame de Chartres, oncle de la jeune fille, qui est lui-même fasciné par sa grande beauté. Répétition du verbe surprendre 2 fois dans la même phrase.
→ Est surprenant ce qui cause un vif saisissement.
« Avec raison » : intervention de l’auteure qui juge cette réaction en même temps qu’elle la légitime en apportant de nouvelles précisions.
a Mise en valeur de la séduction qu’exerce la beauté du personnage et l’admiration qu’elle provoque.
Séduire : toucher ; fasciner par un puissant attrait.
Conclusion : Tension du portrait entre une aspiration réaliste et une idéalisation du personnage romanesque → mise en valeur de l’héroïne de roman par l’exacerbation de sa beauté. La sublimation l’emporte sur la tentation réaliste.
Contraste éducation reçue/perfection physique → danger de son apparition à la Cour, qui laisse présager une mise à mal des préceptes moraux qu’elle a reçus. Annonce la suite du roman et les tourments dont son âme sera l’objet.
19:56 Publié dans Séquence 6 : Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lecture analytique, portrait, roman, éloge
06.04.2008
Le Barbier de Séville : acte IV, scène 6
Objectifs de la séance : mise en évidence de la notion de dépit amoureux dans une comédie + mise en place du dénouement.
• Le Comte doit venir enlever Rosine à minuit : celle-ci attend donc impatiemment celui qu’elle croit être Lindor. Mais confrontée par Bartholo à la lettre qu’elle a écrite, elle ne voit plus que perfidie dans la conduite de son amant et, dans sa colère, révèle le projet de visite nocturne : elle accepte alors d’épouser son tuteur. Satisfait de l’attitude de sa pupille, Bartholo sort pour aller chercher du renfort et ainsi faire arrêter le Comte et Figaro comme voleurs.
• Scène 6 : Confrontation Rosine/le Comte : la jeune fille veut confondre le traître.
Problématique : En quoi cette scène constitue-t-elle un rebondissement de l’action, tout en mettant d’ores-et-déjà en place le dénouement ?
I Un rebondissement de l’action en deux temps
1°/ Une scène de dépit amoureux
• Décalage serments d’amour du Comte/détachement feint de Rosine
• Quiproquo : la question de la pureté des intentions
→ Intentions du Comte pures mais Rosine croit que Lindor et le Comte sont deux personnes différentes = pense que Lindor ment.
→ Ultime mensonge de Lindor qui marque la fin des sentiments de Rosine envers Lindor
+ tutoiement de Rosine : ne respecte plus Lindor en qui elle ne voit plus qu’un infâme suborneur.
• Condamnation de Lindor = noircissement de sa conduite
→ « Faiblesse » : lettre à attribuer à un moment d’égarement.
• Rosine veut confondre le Comte, lui faire avouer sa trahison → s’efforce de paraître détachée –cf. didascalies-.
- « ton très composé » : Rosine s’efforce de paraître grave et détachée alors qu’elle a encore des sentiments pour Lindor.
- « Indignée » : colère de Rosine devant les serments du Comte qu’elle prend pour des mensonges.
- « en pleurant » : montre qu’elle est malgré tout affectée par cette trahison.
- « Fièrement » : exagération de son détachement. Rosine ne veut pas montrer ce qu’elle ressent.
a Dépit amoureux = scène où l’un des deux amoureux repousse l’autre, feignant de ne plus avoir de sentiments. Mais dépit amoureux toujours feint → aveu des sentiments de Rosine
2°/ La retraite coupée
• Réconciliation des amants mais nouveau rebondissement de l’action :
→ Figaro se rend compte qu’ils sont coincés. L’échelle a été retirée suite à l’aveu de Rosine. Le Comte et Figaro semblent donc piégés chez Bartholo.
→ 2e problème = quelqu’un vient. Or, Rosine a prévenu que Bartholo allait venir avec des gens.
a Moment d’intensité dramatique : péril couru par les amants et Figaro = effet de suspense.
II Mise en place du dénouement
1°/ Double révélation du Comte
• Scène de dépit amoureux qui repose sur une confusion de Rosine (due à Bartholo) : elle croit que Lindor et le Comte sont deux personnes différentes.
// mise à l’épreuve de la sincérité de Rosine
→ Insistance sur le dénuement du présumé Lindor. Mais Rosine accepte en connaissance de cause d’unir son sort à celui de Lindor = amour sincère et véritable.
• 1ère révélation du Comte : origine de la lettre
→ Lindor n’est donc pas un traître, contrairement à ce que Bartholo avait laissé entendre à Rosine.
• 2ème révélation du Comte : sa propre identité.
→ Eclaircissement du quiproquo = sincérité du Comte. Le mystère de l’identité du Comte, dissimulée depuis l’acte I, est ainsi levé.
a La scène 6 permet de résoudre la crise amorcée depuis la scène 1 de l’acte IV.
2°/ Le respect de la bienséance
• Rosine peut apparaître comme quelqu’un d’effronté, d’immoral car accepte de recevoir un homme chez elle la nuit. Mais elle justifie son comportement en termes de morale
→ amour moral et honorable car mariage envisagé.
→ audace de la jeune fille justifiée par la précarité de sa situation.
• A deux reprises, Rosine tombe dans les bras du Comte :
→ 1ere embrassade : cette proximité physique est due à une trop grande émotion de Rosine, qui perd connaissance.
→ 2ème embrassade : proximité physique due à la frayeur de Rosine.
a Pas d’indécence sur scène. Les deux seuls contacts physiques entre les amoureux justifiés par la grande émotion dont est frappée Rosine. Respect de la bienséance = impératif au théâtre du XVIIIe.
Conclusion :
Scène qui amorce le dénouement : résolution de l’intrigue amoureuse (mystère de l’identité du Comte est levé + résolution de la crise amorcée en début d’acte) mais le piège mis en place par Bartholo à la scène 4 reste une menace pour les amants.
Vivacité de la tension dramatique → création d’un effet d’attente.
12:30 Publié dans Séquence 5 : Amours comiques, Amours tragiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : le barbier de séville, lecture analytique
18.03.2008
Le Barbier de Séville : acte I, scène 4
• Acte I, scène 4 : 2ème entrevue du Comte et de Figaro.
→ Suite de la scène 2 : évocation du passé de Figaro et de ses multiples expériences + passé commun Figaro// le Comte.
→ I, 4 : le Comte vient de ramasser la chanson que Rosine a laissée tomber.
Problématique : Quel est l’intérêt de cette scène dans l’intrigue ?
I La suite de l’exposition
1°/ L’amour du Comte
→ Rosine ne connaît pas le Comte.
→ Réplique du Comte qui nous informe de la manière dont il a rencontré Rosine.
2°/ La situation de Figaro
→ Figaro est entièrement dévoué à son ancien maître. Et c’est en homme libre qu’il choisit de l’aider.
→ Figaro est le locataire et le barbier de Bartholo, ce qui lui permet d’entrer librement chez le docteur.
3°/ La relation Bartholo / Rosine
→ Contrairement à ce que Bartholo affirme, il n’est pas marié avec Rosine. Le Comte va donc ainsi pouvoir œuvrer pour épouser la jeune fille.
→Portrait caricatural (physique et moral) de Bartholo = type du barbon de comédie, propre à être dupé.
II La mise en place de l’action
1°/ Définition des objectifs à atteindre
→ Enjeu de l’intrigue pour le Comte : se faire aimer de Rosine et l’épouser.
→ Définition de l’enjeu en termes de morale : faire le bien public et particulier.
2°/ Figaro, meneur de jeu
→ Grâce à la pharmacie, Figaro met hors service les serviteurs de Bartholo.
→ Célérité de l’action pour tromper la méfiance du barbon.
→ Evocation du 1er déguisement du Comte. Déguisement = un des ressorts traditionnels de la comédie au XVIIIe (cf. Marivaux).
3°/ Evolution de la relation Figaro / le Comte
→ Extrême familiarité du Comte avec Figaro dés lors que celui-ci lui apprend qu’il va pourvoir l’aider.(il l’embrasse) = Oubli de la différence de statut social.
→ Renversement de la hiérarchie sociale : le valet ordonne et l’ancien maître, le noble, exécute. Mais relation maître/valet de ce type = une des spécificités de la comédie du XVIIIe.
Conclusion : Cette scène est importante dans la pièce car c’est une scène de transition : entre exposition et début de l’action.
16:00 Publié dans Séquence 5 : Amours comiques, Amours tragiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lecture analytique, exposition
09.03.2008
Flora Tristan, Union ouvrière
Objectifs de la séance : découverte de Flora Tristan, 1ère féministe française ; montrer que les combats des femmes peuvent porter sur d’autres sujets que sur leur émancipation (ici, la condition ouvrière).
• 1843 : Union ouvrière → tournées de propagande dans toute la France pour faire connaître ses propositions et inciter les ouvriers à s’unir.
Extrait qui résume la condition des femmes puis celle des prolétaires.
a Dans quelle mesure peut-on dire que cet extrait est un message d’espoir pour les femmes ?
I Une triple condamnation des femmes
= état des lieux sur le statut des femmes depuis l’origine du monde.
1°/ Une condamnation morale
• Le prêtre condamne la femme parce qu’elle représente le péché. Condamnation morale au nom d’un dogme religieux mais injuste.
2°/ Une condamnation sociale
• Le législateur n’accorde aucune place à la femme : exclusion de la femme de la société. Femme soumise à son père puis à son mari : eux disparus, elle n’a plus aucune place. Mais rien ne justifie cette condamnation : c’est le savant qui l’explique.
3°/ Une condamnation intellectuelle
• Le philosophe = porte-parole de la société : il distribue les fonctions au sein de l’Etat. Le savant exclut la femme car d’après lui, elle est biologiquement inférieure à l’homme. Mais rien ne prouve que ces observations scientifiques sont fiables ni à partir de quoi elles ont été établies.
II La réhabilitation des prolétaires
1°/ Deux condamnations similaires
• Evocation de la condamnation des femmes et de celles des prolétaires en des termes similaires : comme les femmes, les prolétaires sont méprisés, condamnés et avilis. On les considère comme des êtres inférieurs.
2°/ Le changement de statut : un espoir pour les femmes
• Mais il y a une différence entre les prolétaires et les femmes : les prolétaires ont changé de statut depuis 1789. Depuis, ils sont perçus différemment par la société. On voit donc qu’il est possible de remettre en cause une condamnation injuste et infondée : espoir en une révolution future qui viendrait modifier la condition des femmes.
Conclusion : Spécificité de Flora Tristan qui lutte non seulement pour les droits des femmes mais aussi pour ceux des prolétaires. Grâce à l’exemple des prolétaires, Flora Tristan appelle ici, de façon implicite, à un changement de statut pour la femme qui « en tant que moitié de l’humanité » mérite d’être l’égale de l’homme.
22:15 Publié dans Séquence 4 : Les femmes aussi ont des idées ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lecture analytique, texte, féminisme, engagement
Olympe de Gouges, Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne
Objectifs de la séance : mesurer l’engagement des femmes dans la Révolution ; étude d’un texte argumentatif particulier ; comparaison avec la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen.
• 1789 : Révolution française → Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen.
// 1791 : Olympe de Gouges, qui juge que les femmes ont été « oubliées » dans la Révolution, écrit la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne.
→ 1ère féministe, même si l’on ne prend conscience de l’ampleur de son combat que dans le courant du XXe.
a Dans quelle mesure peut-on dire que ce texte propose une image « moderne » de la femme ?
I Un texte ambitieux
1°/ Le principe de la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne.
• Enoncé à valeur prescriptive : Olympe de Gouges indique clairement les droits de la femme, indépendamment de ceux des hommes, mais en insistant bien sur le principe d’égalité. Exposé des revendications des femmes, sur le plan social, en vue de participer à la vie politique.
2°/ Les motivations de ce texte
• Entrée des femmes dans la vie = solution pour la Nation. Cette déclaration s’adresse à tous, aux hommes comme aux femmes, dans le but d’identifier les droits et les devoirs de chacun.
II Un nouveau rôle pour la femme
1°/ Une volonté d’émancipation
• Les femmes s’affirment de plus en plus fermement et n’hésitent plus à se désigner comme « citoyennes ». Renversement de la hiérarchie sociale : « le sexe supérieur » = les femmes.
2°/ De nouvelles relations hommes /femmes
• Revendications féministes mais pas exclusives des hommes. Appel à une égalité des sexes comme solution à une vie sociale harmonieuse.
Conclusion : Appel à la citoyenneté des femmes mais revendications trop modernes pour le XVIIIe : il faut attendre 1944 pour que les femmes deviennent des citoyennes.
21:13 Publié dans Séquence 4 : Les femmes aussi ont des idées ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lecture analytique, féminisme
Molière, Les Femmes savantes
Objectifs de la séance : Réinvestissement des acquis sur la scène d’exposition ; étude d’une scène de théâtre comme lieu de revendications ; mise en parallèle de 2 postures radicalement opposées.
• Comédie en 5 actes et en vers → acte I, scène 1 = scène d’exposition. Discussion entre deux sœurs qui opposent leurs aspirations et, partant, leurs conceptions de la femme. Mais recours à 2 stratégies argumentatives.
a Dans quelle mesure ces deux stratégies argumentatives mettent-elles en opposition deux conceptions de la femme ?
I L’art de la persuasion
Persuader : rechercher à influencer le destinataire par des techniques de séduction et de manipulation qui touchent sa sensibilité et son imagination.
1°/ Le raisonnement d’Armande
• Thème : le rôle de la femme (// la question de son éducation)
Thèse : une femme ne doit pas limiter ses occupations à tenir sa maison et à élever ses enfants mais elle doit consacrer son temps à l’étude.
Arguments : - s’occuper de sa maison et de ses enfants est une tâche vulgaire à laisser aux gens grossiers ;
- il est davantage noble de s’occuper des choses spirituelles ;
- en étudiant, Henriette se montrera digne du modèle de sa mère et de sa famille ;
- l’étude est un doux plaisir
- il faut éviter d’être l’esclave d’un homme ;
- l’étude de la philosophie est une libération : elle évite aux humains de se comporter comme des bêtes.
2°/ Les procédés de persuasion
• Attirer l’attention du destinataire (apostrophe) + présence du registre lyrique (lexique de l’affectif & convocation d’une image touchante : la mère) + rhétorique de la persuasion (exclamation + interjection)
3°/ La position d’Armande
• Armande défend le droit à l’éducation pour une femme = arguments clairs, engagés. Mais importance du rôle de l’implicite : valorisation de sa position // dévalorisation de la position adverse.
II L’art de convaincre
Convaincre : chercher à faire comprendre une thèse à l’aide d’arguments fondés sur la raison.
1°/ Le raisonnement d’Henriette
• Thème : le rôle de la femme (// la question de son éducation)
Thèse : toutes les femmes ne sont pas faites pour l’étude et certaines peuvent trouver le bonheur dans le mariage.
Arguments : - l’esprit d’Armande est certes fait pour l’étude mais ce n’est pas le cas de celui d’Henriette
- on ne peut pas aller contre la nature : il faut donc suivre son instinct ;
- chacune doit suivre sa voie sans chercher à influer sur la décision de l’autre ;
- De la sorte, chacune se montrera digne de leur mère : l’une pour la science et l’autre pour l’aspect matériel.
2°/ Des procédés pour convaincre
• Raisonnement d’Henriette qui s’appuie sur un présupposé tout à fait acceptable : toutes les femmes ne sont pas de la même nature et n’ont pas les mêmes aspirations. Raisonnement fortement construit sur le plan logique : concession ; opposition ; parallélisme de construction.
• Habileté d’Henriette : reprend les arguments de sa sœur et les retourne à son avantage : transformation de procédés de persuasion en procédés pour convaincre. Utilisation de l’image de la mère de manière rationnelle.
3°/ Le registre ironique
Ironie : vise à dénoncer le caractère révoltant ou ridicule d’une situation, d’un discours, d’une conception du monde ou d’un comportement. L’ironie implique une intention moqueuse, un jugement critique. Mais ce jugement s’exprime sous une forme indirecte ou détournée.
• Ironie par antiphrase par l’image de la grandeur de la position d’Armande / bassesse de l’aspiration d’Henriette = habileté d’Henriette. Système de double énonciation : si Armande ne comprend pas que sa sœur se moque d’elle, le spectateur, en revanche, saisit bien toute la distance critique des propos d’Henriette. L’efficacité de ce registre repose donc sur une complicité entre l’auteur et le spectateur.
Conclusion : Position de Molière vis-à-vis de l’éducation des filles : ici, défense d’un rôle traditionnel de la femme. Pour autant, Molière n’est pas hostile à l’éducation des filles : ce qu’il critique – et qui fait l’objet d’une comédie- c’est l’excès, comme toujours.
16:09 Publié dans Séquence 4 : Les femmes aussi ont des idées ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lecture analytique, scène d'exposition, éducation
Rousseau, Emile ou De l'éducation
Objectifs de la séance : étude d’un genre littéraire : le traité d’éducation ; étude d’un circuit argumentatif à visée d’exemplification ; la question de l’éducation des filles et de la place des femmes au XVIIIe.
• Emile = traité d’éducation.
Traité : ouvrage dans lequel un auteur expose les conclusions auxquelles il est arrivé sur un sujet donné.
• Exposition des principes d’une éducation conforme à la nature : respect de la nature = traiter l’enfant en enfant et non en adulte ; protéger l’enfant de l’influence néfaste de la civilisation.
Emile : élève imaginaire que Rousseau, en tant que précepteur muni de tous les droits, conduit de la naissance au mariage.
Sophie : pendant féminin d’Emile.
a En quoi l’éducation reçue par Sophie est-elle emblématique d’une vision stéréotypée de la femme ?
I Une éducation tournée vers les tâches domestiques
1°/ Des activités sites « féminines »
• Education de Sophie consacrée aux tâches domestiques. Ces tâches lui sont confiées dans une visée pédagogique : il s’agit de la préparer à son futur rôle d’épouse et de maîtresse de maison. < femme essentiellement considérée par son rôle domestique : ce que l’on attend d’elle en 1er lieu = savoir tenir une maison avec économie et modestie.
2°/ La soumission de Sophie
• Education de la fille ≠ confiée à un précepteur mais assurée par sa mère qui la forme à son futur rôle. Sophie, dans son rôle de fille dévouée n’a pas véritablement le choix et se soumet (de bonne grâce, certes) à tout ce que l’on attend d’elle.
3°/ Le défaut de Sophie ?
• Mais Sophie réticente à 2 activités particulières : la cuisine et le jardinage car ce sont des activités salissantes. Goût de la propreté à l’excès (Sophie préfère gâcher le dîner plutôt que se salir) : elle encourt donc le risque de devenir coquette. Mais elle se préserve de ce grave défaut par le soin qu’elle apporte à la religion.
II Un exemple à suivre
1°/ Valorisation du travail domestique
• Travail domestique évoqué en termes de savoirs et d’apprentissages : il est présenté comme quelque chose que l’on maîtrise au terme d’un processus d’apprentissage. Gratifiant car sous-entend que n’importe qui ne peut pas remplir cette fonction.
2°/ Le travail domestique comme source de plaisir et d’esthétique
• Sophie est volontaire : elle mat de la bonne volonté dans tout ce qu’elle fait et les tâches qu’elle accomplit lui procurent du plaisir et la rendent belle.
3°/ Un discours normatif
Normatif : visant à établir une règle, valable pour tous et en tout temps.
• Rousseau en profite pour donner des conseils d’ordre plus général à toutes les femmes. Sophie emblématique de ce que Rousseau (et de manière plus générale un homme) est en droit d’attendre d’une femme.
Conclusion : Education qui se limite à préparer Sophie à son futur rôle d’épouse, de mère et de maîtresse de maison. C’est une situation tout à fait normale pour le XVIIIe : on ne songe pas encore à remettre ce modèle en question et il se transmet de génération en génération.
13:34 Publié dans Séquence 4 : Les femmes aussi ont des idées ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lecture analytique, éducation
Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe
Objectifs de la séance : montrer la puissance des clichés ; introduction du problème de l’éducation (tout se joue dès l’enfance !) ; distinction démontrer, convaincre, persuader ; étude d’un circuit argumentatif (type de raisonnement, arguments, exemples).
• Le Deuxième Sexe = 1er essai féministe → dénonciation des représentations stéréotypées dont sont victimes les femmes + dénonciation de leur rôle subalterne.
• Education qui varie en fonction du sexe des enfants : là est l’origine dés différences hommes / femmes, des représentations stéréotypées dont sont victimes les deux sexes.
a Dans quelle mesure l’éducation est-elle un vecteur de diffusion des représentations stéréotypées ?
I La Construction du texte
• Texte composé de 2 § construits sur 2 oppositions :
- § 1 : enfants vs adultes
- §2 : garçons vs filles
1°/ Le 1er §
• Thème : (= sujet traité) l’éducation des enfants
Thèse : (= opinion que le locuteur exprime sur le thème, en cherchant à convaincre le destinataire de la justesse de ses idées) le détachement progressif de ses progressif est source d’angoisse pour l’enfant.
Arguments : - le comportement des parents vis-à-vis de leurs enfants est inexplicable + exemple illustratif.
Exemple illustratif : placé à la suite d’une idée ou d’un argument, il sert à rendre ceux-ci plus compréhensibles au lecteur grâce à des références concrètes.
- Du fait de cette attitude inexplicable (détachement progressif des parents), les enfants ont peur de grandir + exemple illustratif.
aRaisonnement par induction : du fait particulier à la règle à valeur générale (de l’exemple à la thèse).
2°/ Le 2e §
• Thème : l’éducation des filles et des garçons.
Thèse : De par l’éducation qu’elles reçoivent, les filles sont privilégiées sur les garçons.
Arguments : - Sur le plan affectif, la rupture avec les parents est plus brutale pour les garçons + 2 exemples argumentatifs.
Exemple argumentatif : présente un cas particulier dont on peut tirer une loi générale. Certains se suffisent à eux-mêmes : ils ont valeur d’argument.
a Raisonnement par déduction : on s’appuie sur une loi générale pour établir la solidité d’un cas particulier.
II Une éducation différenciée
1°/ Le mystère de l’éducation
• Education basée sur un jeu de collaboration/répulsion de la part des parents sans que les enfants ne comprennent ce changement d’attitude. Comportement des parents = mystère pour l’enfant, ~magie.
2°/ L’éducation des filles
• Dans la différenciation de l’éducation en fonction du sexe, celles-ci apparaissent comme privilégiées : favorisation de la fille sur le garçon. Mais éducation qui repose sur une représentation stéréotypée de la fille (cheveux longs, robe, coquette et capricieuse).
→ Loin de lutter contre les préjugés, l’éducation donnée aux filles contribue à en diffuser des représentations stéréotypées.
3°/ L’éducation des garçons
• Education donnée aux garçons = nettement moins permissive. Mais éducation qui encore une fois repose sur des représentations stéréotypées. + confusion des parents : ils veulent former un homme alors qu’ils n’ont qu’un enfant devant eux. → Différenciation injuste, qui peut sembler cruelle aux enfants. Création d’un clivage sexué dès l’enfance.
Conclusion : Extrait qui cherche à convaincre le lecteur que l’éducation des enfants fait problème dès lors qu’elle varie en fonction du sexe de l’enfant.
→ véhicule des stéréotypes et des préjugés qui vont ainsi se retrouver à l’âge adulte. Ce sont ces représentations stéréotypées (aussi erronées qu’infondées) que l’auteure cherche à dénoncer.
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02.03.2008
Marivaux, la Dispute (scène 1)
• La Dispute : comédie en un acte et en prose, représentée pour la première fois par les Comédiens Français le 19 octobre 1744.
= scène 1, c’est-à-dire le début de la pièce " scène d’exposition
- fixe le code de la pièce (genre comique ou tragique ; texte en vers ou en prose ; convention ou innovation).
I Une scène d’exposition qui fait problème
1°/ L’annonce d’une comédie ?
" Frontispice qui annonce une comédie mais que cette seule scène ne permet pas d’identifier. Pièce en prose : style de la comédie. Mais au niveau des personnages : « Le Prince » = milieu noble. Or, la comédie, par définition, se doit de mettre en scène des personnages de condition modeste, moyenne. Par définition, la comédie doit susciter le rire. Or ici, Æ comique : dialogue plutôt grave sur un sujet qui l’est tout autant – Qui de l’homme ou de la femme a commis la première inconstance, la première infidélité ?
[ A ce stade de la lecture, si ce n’est la forme d’écriture (prose), rien ne permet d’affirmer qu’on est dans une comédie (on le suppose tout au moins).
2°/ Le cadre spatio-temporel
" Grande imprécision du cadre temporel. Cadre spatial évoqué mais guère plus précis (à la campagne) = Lieu curieux qui ne ressemble à rien de connu (¹ cadre spatial habituel d’une comédie).
3°/ Les personnages
" 4 personnages en présence : 2 muets / 2 qui parlent ; 2 hommes / 2 femmes.
[ Ce que l’on apprend de ces personnages est insuffisant pour suggérer une intrigue possible.
4°/ L’intrigue
" Scène peu éclairante quant à l’intrigue. On ne sait toujours pas de quoi il va s’agir dans les scènes qui vont suivre. La réponse est apportée à la scène suivante.
[ Pièce qui pose problème dès la 1ère scène : rupture avec les conventions du genre + difficultés pour reconnaître la comédie. Critère décisif : dénouement heureux (mais impossible de le savoir déjà).
II Les termes d’un débat
1°/ Visions de la femme
" Portrait de la femme assez succinct : émission de 2 préjugés à propos des femmes sur son absence d’affirmation, son effacement. En fait, le portrait de la femme se construit dans l’implicite par rapport à ce qui est dit des hommes.
2°/ Visions de l’homme
" Portrait-charge des hommes. Opposition morale des 2 sexes : les femmes sont victimes des hommes.
3°/ Une argumentation biaisée
" Hermianne : raisonnement par déduction = di général au particulier. Recours au Syllogisme. Problème : Dans le discours d’Hermianne, les prémisses ne sont pas des vérités générales, admises par tous mais des affirmations infondées qui rendent l’argumentation bancale. = stéréotypes sexistes.
Conclusion : Pièce qui pose problème sur plusieurs plans dès la première scène : problèmes d’identification ; attaque contre les hommes et prise de position pour les femmes. Pièce qui reçut un accueil glacial car très moderne pour l’époque.
20:13 Publié dans Séquence 4 : Les femmes aussi ont des idées ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lecture analytique, scène d'exposition


