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06.04.2008
Le Barbier de Séville, le thème du déguisement
Support : DVD – Le Barbier de Séville, mise en scène de Gérald Marti
→ Acte II, scène 13 : Bartholo vs le Comte (le cavalier ivre)
→ Acte III, scène 2 : Bartholo vs le Comte (le bachelier).
→ Quel est le point commun entre ces deux séries de scènes ? = 2 déguisements du Comte pour entrer dans la maison de Bartholo.
a Quelle peut être l’utilité du déguisement dans une comédie ?
• Diffusion acte II, scène 13
Situation de la scène : Le Comte essaie de communiquer avec Rosine (échange de lettres). Sur les conseils de Figaro (I,4), il se déguise en cavalier ivre : avec un billet de logement, le vieux docteur sera bien contraint de l’héberger. Ivresse importante car permet d’endormir les soupçons du docteur + rudoyer le barbon. = 1ère confrontation des deux rivaux.
| Observations | Commentaires | |
| Mise en Scène | Décors : XVIIIe. Intérieur de la maison de Bartholo. → mur du fond jaune. Au fond, jalousie + porte. 1er plan : chaise ; clavecin ; sofa ; secrétaire ; tapis bleu | Cf. didascalie initiale : « dans la maison du docteur Bartholo » = Respect de la didascalie initiale, du reste assez imprécise → liberté du metteur en scène. Décor très concret : on voit tout de suite que l’on est dans une maison. |
| Personnages : Bartholo + le Comte (déguisé). - Bartholo : imposant de par sa stature (≠ celle du Comte) ; relativement jeune ; méfiant. - Le Comte : jeune ; vif ; à l’aise chez le docteur ; exubérant. | Critique du parti-pris du metteur en scène ? → Personnage de Bartholo un peu trop jeune, peut-être. Présenté en I, 4 comme un vieillard gris, pommelé, rasé… + décalage avec le « signalement » donné par le Comte : Pour autant, est-ce gênant ? = Non. Renforce l’effet comique de ce signalement, qui passe plutôt pour une insulte, au moins une insolence, de la part du Comte. | |
| Costumes : - Bartholo : pantalon beige ; ample chemise à jabot blanche ; veste beige et rouge + cavalières noires et surtout noir, doublé de rouge. Barbe et cheveux longs. - Le Comte : habit de cavalier ; bottes marron ; pantalon beige ; chemise blanche ; veste rouge + cheveux longs & fausse moustache | Comparaison didascalie initiale : → prise de liberté de la part du metteur en scène qui ne respecte pas tous les détails des costumes décrits par Beaumarchais. Mais costumes d’époque : l’ensemble reste cohérent. → Contraste entre les 2 personnages : le surtout de Bartholo rend son costume à dominante noire tandis que le costume du Comte est plus coloré. Mais effet de symétrie : rappel des mêmes couleurs sur les deux personnages (Bartholo a un peu de rouge ; le Comte a un peu de noir. Le blanc et le beige restent). | |
| Attitude : - Bartholo : peu de mouvement pour Bartholo qui essaie de se maîtriser. - Le Comte : démené comique ; mouvements expressifs qui témoignent de l’état d’ébriété dans lequel le cavalier est censé se trouver. a Opposition entre les 2 personnages : air de défi ; se regardent droit dans les yeux. Bartholo cherche le contact frontal tandis que le Comte multiplie les pirouettes pour l’éviter. A 2 reprises, Bartholo empoigne le Comte qui tombe à terre une fois. | Attitude qui symbolise bien le caractère des deux personnages : - Le Comte qui joue le cavalier ivre est tout à fait crédible (multiplication de mouvements désordonnés, provocations…) - Colère de Bartholo qui demeure malgré tout dans la mesure : Bartholo = homme réfléchi, habile et calculateur. | |
| Effet de cette scène | Une scène comique - Comique de situation : 1ère rencontre les deux rivaux. Bartholo doit devenir le complice de sa propre déconvenue puisqu’il doit loger le Comte chez lui pour la nuit. = situation amusante, favorisée par le déguisement. - Comique de caractère : prend pour cible les travers d’un personnage dont comportement est excessif ou ridicule. = Permis par la présence du Comte qui joue le cavalier ivre. Ivresse = prétexte à toutes sortes d’excès → insolence du Comte pour éviter les questions embarrassantes : « Je le cache dans ma poche pour que vous ne sachiez pas ce que c’est » ; pour se moquer ouvertement de Bartholo (cf. le signalement) ; pour attaquer Bartholo en tant que médecin = satire (cf. chanson + comparaison médecin/maréchal-ferrant + l’accuse de ne pas savoir lire et de tuer ses malades). - Comique de mots : toutes les manières dont le Comte, à cause de son ivresse, estropie de nom de Bartholo = sc.12 : Balordo (docteur stupide, personnage de Commedia dell’Arte) ; sc.13 : Barbe à l’eau ; sc.14 : Barbaro. Déformations comiques pour le public car renvoient directement au personnage de Bartholo mais vexant pour le barbon. - Comique de gestes : affrontement entre les 2 personnages = exubérance du Comte vs maîtrise de soi de Bartholo. 2 contacts physiques (Bartholo empoigne le Comte) : la seconde fois, le Comte tombe à terre. | |
| Intérêt du dégui-sement dans cette scène | Objectif du déguisement : Suivant les conseils de Figaro (I,4), le Comte doit se servir de son déguisement de cavalier pour entrer chez le docteur et approcher Rosine afin de lui remettre une lettre. Conséquences : Echec de la stratégie du Comte : Bartholo est exempté de loger des soldats. = Victoire temporaire du barbon. < méfiance de Bartholo envers l’exubérance et les provocations de ce soldat. | |
• Diffusion acte III, scène 2
Situation de la scène : Après l’échec du déguisement de cavalier, le Comte utilise un nouveau déguisement pour entrer chez Bartholo et ainsi pouvoir parler à Rosine. = Alonso, « bachelier licencié », élève de Don Bazile.
| Observations | Commentaires | |
| Mise en scène | Décors : Même décor global que II, 13. Mais quelques détails ont été modifiés : la chaise a disparu, remplacée par le tabouret du clavecin. Le rideau devant le sofa a été tiré (<fureur de Rosine à la scène précédente). | Mêmes remarques que précédemment. |
| Personnages : Bartholo + la Comte (déguisé) → Mêmes remarques que précédemment. | Mêmes remarques que précédemment. | |
| Costumes : - Bartholo : Pantalon beige, chemise blanche (Æ jabot) ; Æ cavalières mais chaussures noires ; robe de chambre rouge. - Le Comte : habit noir ~séminariste ; lunettes = grande austérité. | - Plus la journée avance, plus Bartholo apparaît en tenue « négligée ». - Nette opposition entre les 2 personnages : Ø Relâchement vs austérité Ø Rouge vif vs noir | |
| Attitude : - Bartholo : d’abord position de rejet = méfiance envers cet inconnu. Intérêt mêlé de crainte dès lors qu’il est question du Comte Almaviva → Confiance = proximité physique des 2 personnages (assis sur le même tabouret du clavecin. Moment d’excitation devant la preuve de la trahison de Rosine. - Le Comte : Grande maîtrise = parvient à garder le contrôle de la situation, malgré la méfiance de Bartholo → peu de mouvements, pondération des gestes ; parle bas = création d’une atmosphère de confiance, de confidence. | Contrairement à la scène précédente, pas de confrontation entre les deux personnages. = domaine de la confidence, de l’intimité. Proximité physique = confiance. | |
| Effet de cette scène | Une scène comique - Comique de situation : 2e rencontre entre les 2 rivaux. Rencontre beaucoup plus calme : Æ confrontation ; le Comte ne cherche pas le conflit mais la confiance de Bartholo. → Bartholo devient le complice de sa propre défaite puisqu’en faisant entrer Alonso chez lui, en lui proposant de donner une leçon de musique à Rosine, c’est à son propre rival qu’il ouvre la porte. = réplique de Bartholo d’autant plus comique qu’elle a un autre sens pour le spectateur : « Vous avez plus l’air d’un amant déguisé que d’un ami officieux ». (= comique de mots) Comique qui prend son ampleur dans la répétition de la même situation : le Comte, déguisé de nouveau, essaie de s’introduire chez Bartholo, avec la complicité involontaire du barbon. - Comique de mots : « Il ne faut pas me dire deux fois les choses, il ne faut pas me les dire deux fois » = décalage forme/sens de la phrase. + prolepse. - Comique de caractère : mis en évidence par le caractère excessivement suspicieux du barbon, qui se méfie d’emblée de ce jeune inconnu. → jeu sur les niveaux sonores (Parlez haut/Parlez bas). Mais inutilité de ce caractère : méfiance inutile car Bartholo devient le complice involontaire des amants. | |
| Intérêt du dégui-sement dans cette scène | Objectif du déguisement : Le Comte cherche toujours à s’approcher de Rosine pour lui parler. Conséquences : Fonctionnement du déguisement : Bartholo passe de la méfiance à la confiance, puis à la complicité involontaire. = retournement de situation + surenchère. = La confidence fonctionne mieux que l’opposition ouverte → victoire du Comte. Cette scène permet d’actualiser le sous-titre de la comédie : la Précaution inutile. Malgré toutes les précautions prises par Bartholo, à partir de cette scène, la victoire du Comte semble inévitable. | |
Conclusion :
• Fonction du déguisement dans une comédie ?
→ Sur le plan dramatique, nécessaire à la progression de l’intrigue amoureuse (fournit des occasions de rencontre aux amoureux). Déguisement fréquent chez Marivaux, Beaumarchais + certaines comédies de Molière (les Précieuses ridicules ; les Fourberies de Scapin ; le Bourgeois gentilhomme…)
→ Le déguisements est surtout l’un des ressorts essentiels du comique.
12:12 Publié dans Séquence 5 : Amours comiques, Amours tragiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : barbier de séville, déguisement, lecture d'image



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