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01.03.2008

La Vénus d'Ille : incipit

Objectif de la séance : mise en évidence de l’une des spécificités du fantastique : l’univers réaliste.

" Lecture analytique de l’incipit (révision d’une notion abordée lors de la séquence précédente) : du début jusqu’à « Et sur ce souhait charitable, je m’endormis ».

• De quoi s’agit-il ? → arrivée du narrateur dans la ville d’Ille.

= incipit.

I Un incipit qui remplit son rôle

1°/ Le cadre spatio-temporel

" le lieu : le Canigou ; Ille ; Puygarrig ; Perpignan = dans le Roussillon

" le temps : le soleil déjà couché ; buste de Louis Philippe à la mairie = fin de journée, ~1837

Þ Impression de réalisme.

2°/ Les personnages

" 2 personnages en présence : le narrateur et son guide.

-          le narrateur = personnage ; historien venu de Paris

-          le guide = témoin de la découverte de la statue

→ Evocation des autres personnages que l’on va retrouver dans la nouvelle :

-M. de Peyrehorade : érudit provincial, passionné d’histoire ; possède la Vénus

- Alphonse : fils de M. de Peurehorade ; va se marier dans quelques jours

- La Vénus : statue de cuivre aussi belle que mystérieuse. Inquiétante ?

3°/ L’action

" Arrivée du narrateur à Ille, petite ville du Roussillon, chez M. de Peyrehorade, à qui il est recommandé par un de ses amis, M. de P.. Une statue plutôt inquiétante vient d’être découverte : elle appartient justement à ce M. de Peyrehorade. Le fils de ce dernier, M. Alphonse, va se marier à une certaine Melle de Puygarrig les jours qui viennent.

Þ Forme originale de cet incipit : dialogue " scène d’exposition.

Þ Début de l’action antérieur à celui de la nouvelle = in medias res. Début particulièrement efficace dans une nouvelle car forme narrative brève " économie. Il s’agit d’en dire suffisamment pour situer l’intrigue mais le + brièvement possible.

II Un début réaliste ?

1°/ Evocation d’un univers réaliste

" Des lieux qui existent. 

" Une allusion à l’histoire de France. 

" Des personnages réalistes.

2°/ Une remise en cause du réalisme 

Une Vénus ambiguë : Vénus qui, de prime abord, ne ressemble pas à l’image que l’on a habituellement d’elle. Opposition à la Vierge, qui protège : elle semble porter malheur. Opposition au niveau des couleurs : si la Vierge est blanche, elle est noire (couleur qui peut symboliser le mal dans la tradition chrétienne et donc dans l’imaginaire populaire). Découverte placée sous le signe de la mort : le guide prend la main de la statue pour celle d’un mort. L’incident qui se produit lors de la découverte est de mauvais augure.

L’expression de l’inquiétude : L’inquiétude du guide provient du fait qu’il attribue à la statue des émotions et des sentiments humains. A partir de là, la voie du surnaturel est ouverte : le réalisme est donc radicalement remis en cause.

Conclusion :

Incipit efficace tant dans sa forme que dans son contenu et qui illustre, à lui tout seul, l’une des caractéristiques du fantastique : l’intrusion de phénomènes surnaturel dans un univers familier.

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