Page d'accueil | Albert Thibaudet, Réflexions sur le roman »

28.02.2008

Maupassant, Préface de Pierre et Jean

Maupassant,

Préface de Pierre et Jean

Objectifs de la séance : Etude d’un texte d’idées écrit par un romancier s’interrogeant  sur les attentes du lecteur.

  ® Qu’attend-on de la lecture ? = éléments de réflexion sur les fonctions de la lecture ; sur les oppositions entre les attentes affectives du lecteur et l’importance accordée à la recherche de l’esthétique ; sur les différences entre le lecteur et le critique.            

 •  De quoi s’agit-il ?  

= Préface : Texte placé en tête d’un ouvrage en vue de présenter celui-ci au lecteur. Lorsque l’auteur préface lui-même son propre ouvrage, il cherche souvent à présenter les principes esthétiques qu’il a voulu suivre.

=A propos de cette préface : En 1887, l’éditeur Ollendorff demande à Maupassant un texte à associer à Pierre et Jean, le roman étant trop court pour un public habitué à des ouvrages plus épais. Maupassant, qui a déjà un parcours de critique et de journaliste littéraire derrière lui, saisit cette occasion pour lier sa production romanesque et sa réflexion théorique : il rédige un essai polémique, le Roman, que l’on appelle aussi la préface de Pierre et Jean.                                                                                                                                      Principes : observer la vie psychologique et sociale ;         suivre la recherche médicale ; se documenter sur les sujets traités pour créer chez le lecteur l’illusion de la vérité.                                                                                                                                                                    Mais remise en cause des doctrines d’objectivité et de science du naturalisme officiel : son maître mot est originalité.

Þ La valeur d’un roman vient de sa non-conformité  à des modèles ou à des modes. La perception de ce qui arrive variant d’un individu à l’autre, reproduire exactement la vie est impossible. Il vaut mieux mettre en avant la manière originale dont on perçoit le réel.            

• Les attentes du lecteur 

"1er paragraphe centré sur l’exposé de ce que les lecteurs attendent de la lecture. Idée de satisfaction personnelle : satisfaire la tendance naturelle (1-2), son goût prédominant (2-3), son imagination (4). Enumération d’adjectifs qui caractérisent imagination = orientations diverses mais toutes associées à l’affectivité.   

" Les critères du lecteur reposent, selon Maupassant, sur une satisfaction affective et émotionnelle et dans une certaine mesure intellectuelle (une aide à la réflexion). 

® La lecture doit enflammer son imagination en fonction de ses tendances personnelles et d’orientation individuelle vers le rire, les larmes, la peur…           

  Le rapport auteur/lecteur

" Rapport d’autorité : le lecteur demande (2) et l’écrivain s’exécute : 2e paragraphe : série d’impératifs (simples ou périphrases factitives).

" Mais relation ambiguë car dans le même temps, le lecteur accepte de devenir un objet entre les mains de l’écrivain (moi = pro. Pers. COD ® passivité du lecteur).   

® Le lecteur se livre affectivement de son plein gré à l’écrivain.            

 • Différence lecteur/public 

" Le terme public met en avant la passivité du lecteur, son caractère contemplatif vis-à-vis de la lecture.            

• Opposition lecteur /critique :

" Dans leur définition : opposition au niveau du nombre groupes nombreux (6) vs seuls, quelques esprits d’élite (15) + image réductrice du lecteur / valorisante du critique : répétition d’adverbes restrictifs uniquement (1), invariablement (3) ; lecteur//écrivain (1-2), critique //artiste (15-19) ; idée d’intelligence supérieure du critique.  

"Dans leurs demandes : le 1er § et l’énumération montrent que le lecteur attend surtout de la lecture des émotions et, dans une moindre mesure, une aide à la réflexion. La demande des esprits d’élite ne touche pas au domaine de l’affectivité mais à celui de l’esthétique. Recherche du beau (16) + prise en compte de la personnalité de l’auteur.

® Ce qui est apprécié = adaptation au sujet dans la recherche du beau.            

• Vocation des œuvres réalistes et naturalistes.

" Pour Maupassant, la vocation des nouvelles écoles, réalisme et naturalisme, est de faire coïncider le Beau et le Vrai (25), en refusant de subordonner l’image donnée de la vie à des attentes spécifiques qui relèveraient du rêve, de l’idéalisation, de l’émotionnel, du sensationnel. (ex. le Romantisme) La vocation réaliste et le naturalisme, qui s’attachent au beau à travers le vrai ont donc une autre vocation qui ne peut répondre aux attentes du public. Quant aux critiques, ils ne doivent pas tenir compte des tendances du lectorat mais de l’effort mis en jeu pour atteindre la vérité.

Ecrire un commentaire